vendredi 30 avril 2010

Foals - Spanish sahara (7") (2010)


Il y a 2 mois environ, Foals sortait de son mutisme avec l'enigmatique 'Spanish sahara'. Une longue piste de près de 7 minutes, intense et vouée aux frissons, dans une ambiance des plus déconcertante pour les fans de 'Antidote', leur premier effort. Lorgnant pour le côté progressif du côté de l'autre grand groupe d'Oxford, le côté blip en moins toutefois, ce magnifique coup d'essai me fait un peu l'effet d'un 'Paranoid android'. Certes, cela relève un peu du suicide commercial d'étendre à 7 minutes un single, surtout lorsque les productions précédentes étaient calibrées pour 3 ou 4 minutes de pop énergique. Mais au diable, l'avarice ! C'est jouissif et des titres de cet ordre, j'en demande à la pelle. Rendant très vite addictif, le 'Spanish sahara' de Foals fait déjà figure de favori pour le titre de meilleur morceau de l'année en Grande Bretagne.
C'est toutefois dans une edition confidentielle et numérotée, disponible uniquement à l'occasion du record store day, que Foals dégaine enfin sur support cette pepite enchantée. Jumelée avec un remix de Mount Kimbie sur la face b, qui n'enlève rien à la magnificence de la chanson, ce single constitue un des plus beaux 45 tours récemment sortis.
En attendant 'This orient', la semaine prochaine sur 2 petits vinyls, et surtout la bombe 'Total life forever' qui explosera la semaine suivante, il y a fort à parier que Foals feront de nouveau beaucoup parler d'eux sur ce blog.

jeudi 29 avril 2010

These New Puritans - Paris, Point éphemère - 29/04/2010

De retour à Paris, après leur première partie de The XX en février dernier, These New Puritans investissaient ce soir le point éphémère.
Dans une lumière stroboscopique, alternant le blanc et le vert, les 6 acteurs de ce concert (2 musiciens pour les instruments à vent) démarrent en douceur leur sermon avec 'Time xone', avant de se lancer dans un 'we want war' et son déluge de percussions. Malgré la désagréable moiteur de la salle, Jack Barnett et sa troupe glacent les sangs des 300 spectateurs de ce rituel. D'une froideur implacable et sans le moindre compromis, assurément plus fans d'Einsturzende Neubauten que de Oasis, les jeunes anglais vont assommer le public parisien pendant une heure. Utilisant peut-être un peu à outrance ce son tribal qui fracassera les esprits pendant les trois quart de leur set, la performance de These New Puritans relève parfois du lavage de cerveau. Il ne manque qu'une projection d'images subliminales derrière le groupe pour avoir l'impression de se retrouver dans une experience du projet de recherche Dharma.
Distillant essentiellement les titres de leur dernier opus 'Hidden', les anglais zappent l'immense 'Numerology aka numbers' mais pas l'impeccable 'Swords of truth', et surtout 'Elvis' dont la version retravaillée en rappel appaise la tension créée pendant le set principal.
Même si ce ne fut pas un concert mémorable, je suis sorti un peu groggy du point éphémère. A voir, mais avec parcimonie.

mercredi 28 avril 2010

Bloc Party - Silent alarm (2005) (3xLP)


Après plusieurs singles/ep de très bonne augure, les anglais de Bloc Party, trois ans d'existence au compteur et déjà un talent fou, donnent naissance à un premier album des plus réussis de l'histoire du rock britannique de ces dix dernières années. 'Silent alarm' fait l'effet d'une véritable petite bombe atomique. Le rock explosif de 'Banquet' et d''Helicopter' avaient catapulté le groupe dans les clubs anglais. Mais c'est bien sur la durée d'un album entier que la bande à Kele Okereke va nous impressionner.
Histoire de commencer en douceur, cette édition vinyle débute par un instrumental expérimentant guitare et piano, non crédité sur la pochette. Puis la basse et les guitares se font beaucoup plus acides. Un jeu de batterie en conséquence, et cette voix si blanche et torturée du leader aux rastas courts sur l'hymne 'like eating glass'.
Tant de maitrise sur des titres qui s'enchainent sans la moindre concession : 'positive tension', 'she's hearing voices', 'little thoughts', 'luno', la tornade Bloc Party emporte tout sur son passage. Les 15 titres de ce petit miracle musical ne laissent pas indemne. Dans l'appaisement 'blue light' ou la tension 'luno', aucun titre ne fait défaut sur ce disque. C'est d'ailleurs agaçant de constater avec quelle aisance le quatuor debite ses compositions pendant une cinquantaine de minutes.
L'album se referme avec 'Compliments', et déjà il n'est possible que de ressentir de l'admiration face au potentiel si mesurable de ces 4 cool kids qui ne se prennent pourtant pas au sérieux.
Pour couronner le tout, 4 remixs (dont 2 sont exclusifs sur ce pressage) figurent sur un vinyl bonus et rendent cette édition magnifiquement indispensable.
Un disque incontournable de la pop anglaise.

Bloc Party - Like Eating Glass
envoyé par moakes. - Clip, interview et concert.

mardi 27 avril 2010

She & Him - Volume 2 (cd) (2010)


Après un premier volume paru en 2008, la comédienne Zooey Deschanel (devenue depuis peu Mme Gibbard) et Matt Ward sont de retour pour un second opus sobrement initulé 'Volume 2'. La peur d'une copie conforme du mélodieux premier effort se dissipe rapidement. Certes, le duo n'emprunte pas des sentiers véritablement inexplorés, mais la recette maison a été revue avec un peu plus de corps cette fois-ci. 'Thieves' plante d'entrée le décor avec son côté Ronettes et cette chanson d'amour typiquement sixties, vous faisant fondre comme un soir d'été dans un cinéma en plein air, la voiture décapotée, la jolie fille sur le siège d'à côté attendant impatiemment que vous délaissiez votre popcorn/soda pour quelques tendres câlins de circonstance. C'est bien dans cet univers lollipop et sucré, avec des chansons bien moins simplistes qu'elles ne peuvent y paraitre, qu'elle et lui vous entrainent pendant 13 balldades. Un brin de naiveté, beaucoup de soleil, les chansons du bonheur sont de rigueur chez les deux californiens. On pense aux Mamas & Papas, Les Beach Boys aussi ne sont pas oubliés sur le sublime 'Home' et sa mélodie tout droit sortie d'un happy end hollywoodien. Ce disque a toute les chances de devenir la bande son de votre été.
A dévorer sans modération !

lundi 26 avril 2010

Julian Casablancas - 11th dimension (7") (2010)


L'escapade solo de Julian Casablancas a t'elle un quelconque intérêt? Le leader des Strokes a sorti fin 2009 un album solo 'phrazes for the young'. Si celui-ci ne révolutionnera pas le monde de la musique, il reste notable que ce disque a plus d'intérêt que celui de Paul Banks (aka Julian Plenti), le leader d'Interpol. Le trentenaire new yorkais affiche sur moins de dix titres son gôut et ses connaissances musicales, sans répéter aveuglément le travail qu'il fournit avec son groupe habituel.
Dans le cadre du record store day 2010, Julian C. a édité une petite galette rouge sur laquelle il nous envoie tout d'abord nous trémousser sur les dancefloors des années 80, avec une pop song synthétique que Human League n'aurait pas renié. Présenté ici en version live aux Electric Lady Studios de New York, le titre '11th dimension' affiche un potentiel certain en vue du tube de l'été.
A contrario, la face b nous convie à une fin de soirée. Presque acoustique, sur le bien nommé 'long island blues' , le songwriter nous lâche 5 minutes de blues folkeux loin d'être dénué d'intérêt. Assurément talentueux, gageons qu'en solo ou accompagné de sa troupe strokesienne, Julian C. saura encore pas mal nous suprendre dans le futur.

dimanche 25 avril 2010

Danger Mouse & Sparklehorse : Just war (7") (2010)


C'est l'histoire d'une malédiction. Mi 2009 le sorcier producteur Danger Mouse et le génialement torturé Mark Linkous, leader de Sparklehorse, s'embarquent dans une des aventures les plus passionnantes de la musique de ces dix dernières années : le projet 'Dark night of the soul'. Celui-ci réunit une collection d'artistes et non des moindres, à savoir : Wayne Coyne des Flaming Lips, Julian Casablancas des Strokes, Vic Chesnutt, Jason Lytle (ex Grandaddy), Iggy Pop, Frank Black, pour ne citer qu'eux. Un dessein musical de grande envergure, auquel s'ajoute un concept visuel émanant de l'esprit fou de David Lynch.
Et pourtant, la maison de disques EMI empêche toute sortie de ce casting irréel pour des raisons qui m'échappent encore. La réaction intelligente de Danger Mouse ne se fait pas attendre. Il sort en édition très limitée via internet le recueil visuel de David Lynch, accompagné d'un cd vierge destiné au gravage des compositions de ce projet audacieux. Et par dessus tout balance l'intégralité musicale de cet album sur le web, faisant de fait, un sérieux pied de nez à la major récalcitrante.
Néanmoins, un an plus tard, EMI, constatant des records vertigineux en terme de baisse de ventes d'albums, se décide enfin à lâcher prise face à cette phénonémale distribution artistique. Malheureusement, deux acteurs de cette infortune collaboration, Vic Chesnutt (fin 2009) et Mark Linkous (en mars 2010), nous abandonnent brutalement sans demander leur reste. Une tragédie noircissant un peu plus ce disque déjà maudit.
Il faudra attendre le 12 juillet pour enfin pouvoir tenir entre nos mains la galette interdite. Pour patienter jusque là, est sorti à l'occasion du Record Store Day 'Just war' avec Gruff Rhys des Super Furry Animals au chant pour une petite ballade enjouée (la face b est une vesion instrumentale). Un tempo rappelant Grandaddy, un timbre vocal s'approchant parfois de Damon Albarn, le tout sur une production de velours, ce titre délicat laisse cependant un arrière goût amer. Les fantômes de Vic et de Mark nous observent peut-être de là haut, enfin apaisés. Ils nous manqueront encore davantage cet été lorsque les disquaires afficheront en facing ce qu'on peut déjà considérer comme LE black album de la musique.

samedi 24 avril 2010

THE BLACK ANGELS - Passover (cd) (2006)


C'est dans le Texas que sont nés The Black Angels en 2004. Si leur nom émane tout droit de 'The black angel's death song' du Velvet underground, il y a fort à parier qu'en arrivant sur terre, ces anges noirs ont emporté dans leurs ailes des cendres du Velvet Underground et des Jesus And Mary Chain, mais aussi quelques grains poussièreux du futur mort et enterré Black Rebel Motorcycle Club. Enfin, pour intituler leur premier album 'Passover' (N.B.:plage de 'Closer' du défunt Joy Division), il y a fort à parier que la bande d'Alex Maas aime se complaire dans le côté obscur de la force.
En effet, l'ambiance étouffante de ce premier effort ne peut laisser l'auditeur indifférent. Batterie martiale, guitares stridentes, basses lourdes et chant ténébreux, The Black Angels ne font aucune concession sur les 10 pistes de leur bébé tout droit sorti de l'enfer. Comparable à une véritable procession, les 'Young men dead', 'The first vietnamese war' et 'The prodigal sun' s'enchainent et vous perforent avec leur psychedelisme ravageur. Il semble difficile de resister à l'appel du malin, tant celui-ci vous ravit de sa noirceur étincellante.
Pendant près d'une heure, comme une dans une messe, la bande d'Austin prèche son rock hypnotisant. Celle-ci semble pourtant trouver la paix sur la plage étonamment acoustique muchée après le dernier titre 'Call to arms'.
Le seul souci, c'est qu'il y a fort à parier qu'en adoptant leur religion, vous relancerez instantanément cette galette addictive pour replonger dans le monde noir de 'Passover'.