vendredi 28 mai 2010

Foals - Total life forever (boxset) (2010)


Après deux premiers extraits, le second opus de Foals apparait enfin dans les bacs des disquaires. Disque très attendu après une excellente prestation au Trabendo, mi avril, et le gigantesque 'spanish Sahara' sorti en 7" exclusivement pour le record store day, 'total life forever' est un disque de grande tenue.
Dès les premières minutes de 'blue blood', la plage d'ouverture, le constat d'une évolution musicale des cinq musiciens d'Oxford est indéniable. Alors certes, le son minimal des guitares est toujours omniprésent, cependant l'orientation de celui-ci est bien moins africanisé. Le prochain single 'Miami' est une excellente illustration de ce son nouvellement acquis. Plus groovy, plus chaloupé également, les chansons semblent trouver leur essence dans une plus grande simplicité que sur le precédent album 'antidotes'. Si 'total life forever' et 'black gold' tendent un peu à enfoncer le disque dans une structure classique et facile, l'album prend une autre dimension à compter de l'inévitable 'spanish Sahara' pour un sans faute jusque la plage finale 'what remains'. Mention spéciale pour l'électronique 'Alabaster' qui sortira certainement en single.
Le cd bonus présente des chutes de studios, de simples fragments de titres de l'album (le cd dure 25 minutes pour 15 titres) et ne s'avère pas du tout indispensable. De même, le dvd présente un reportage de 20 minutes sur l'enregistrement de 'total life forever', et ne trouvera pas davantage de clémence à mes yeux que la sentence prononcée précédemment pour le cd bonus.
Un excellent album dont la version simple s'avère tout à fait suffisante.

vendredi 21 mai 2010

The Cure - Disintegration (Deluxe edition) (2010)


En ces temps de disette consommatrice dans le domaine du disque, Universal Music se décide enfin à sortir 21 ans plus tard le disque le plus abouti de la discographie de The Cure. Pour la première fois de leur carrière, le visage de Robert Smith, noyé sous des néons de fleurs, apparait sur une pochette du groupe. Comme une symbolique, était ce un désir d'afficher au grand jour une trace plus humaine du génie anglais qui jusqu'à présent nous avait uniquement gratifié de son ombre fantomatique sur 'the head on the door' ainsi que de ses lèvres et de la pupille d'un de ses yeux sur 'kiss me kiss me kiss me'.
C'est toutefois le contenu et non le contenant qui importe à mes yeux et davantage encore à mes oreilles. Dès la fin du retentissement des cloches du majestueux 'plainsong', les nappes synthétiques de Roger O' Donnell envoutent et s'affichent comme lors d'une cérémonie d'ouverture. Le monumental morceau puise sa force dans une harmonie d'instruments sur laquelle Robert Smith place sa voix avec solennité. S'ensuit les sept minutes du désormais classique 'pictures of you', second single extrait de l'album, avant le douloureux 'Closedown' et sa batterie martiale. Une fois encore les claviers de O' Donnell génèrent une atmosphère somme toute oppressante. Puis surgit 'lovesong' l'ode luminueuse à la bien aimée de toujours, Mary Poole. Un single rempli d'une intensité et façonné dans ce cri d'amour désiré comme éternel.
'Last dance' replonge dans la noirceur, évoquant par moments l'ambiance exterminatrice de 'pornography'. Cette plainte relative à la touche finale d'une histoire d'amour s'achève dans une danse macabre. 'Lullaby', single arachnéen, constitue un des plus gros succès commercial du groupe. Cette ballade au chant quasi murmuré par le leader à la coiffure en toile d'arraignée a été magnifiquement portée à l'écran dans ce video clip traumatisant pour bon nombre d'enfants. L'explosif 'Fascination street' et ses gémissements lanscinants de guitares électriques constitue le titre le plus percutant de cet album. Il fut préféré en single à 'pictures of you' pour le marché américain.
Si les albums ont souvent tendance à baisser en intensité dans les dernières plages du disque, les cinq derniers titres de ce disque enchanteur en consituent ici certainement son apogée. 'Prayers for rain' et sa tension symptomatique dès ses premières notes enfournent dans une souffrance extrème. Les nappes synthétiques accentuent une fois encore le côté étouffant et sans issue du chant désespéré de Robert Smith. 'The same deep water as you' enfonce un peu plus le clou dans une tragédie digne de 'Roméo et Juliette'. Sous une pluie orageuse et dans un dédale de sonorités accouchées de la guitare de Smith, cette balade sur l'impossible atteinte d'un équilibre harmonieux entre deux êtres sonne le glas dans un adieu irréversible. Le mirage de cet idéal prenant fin dans les mots "in my eyes your smile, the very last thing before I go....". Le cri brutal de 'disintegration' parachève les éprouvantes expériences des deux titres précédents. Sous le martelage d'une batterie écrasante, c'est le corps entier de Robert Smith qui saigne de par l'érosion d'un couple usé de se détruire. Remettant supposément en cause le sacré de l'union "I never said I would stay to the end", l'échec de cette histoire se termine dans un bris de verre, ironiquement presque appaisant. Le drame ne s'arrête pourtant pas là. L'harmonieux 'homesick' et son instrumentation fabuleusement riche à coups de cordes, de pianos, de guitares, basse et batterie, renforcée par les mots et l'inéxorable envie de Smith de tout quitter, dévaste un peu plus ce qui reste de l'auditeur. L'ultime plage de ce chef d'oeuvre achève définitivement l'usure reçue pendant près d'une heure. 'Untitled' et ses sonorités gémissantes dramatisent à jamais un Robert Smith rongé par le mal et le malin. Le fascinant exercice final de guitare smithien débutant au bout de quatre minutes vient se perdre dans les méandres d'une dernière montée de claviers, signant ici enfin la fin d'un disque magnifiquement sombre et intemporel.
Certes, cet album est moins flou que 'seventeen seconds', moins gris que 'faith' et moins sanguinolant que 'pornography', mais la richesse de ce traumatisme évident qui donne le nom à cet disque dépasse les limites de l'entendement.
En bonus, de nombreuses maquettes inédites à ce jour, et pour la plupart instrumentales, enrichissent ce monument déjà si florissant. 'Homesick', 'the same deep water as you' , mais aussi 'plainsong' et 'lullaby' constituent les plages les plus intéressantes à découvrir. Trois titres inédits jusqu'alors ('noheart', 'esten', 'delirious night')et non négligeables font également partie de cette jolie collection de raretés. A noter enfin, la reprise du 'pirate ships' de Judy Collins, uniquement sorti via internet, clôturant le second cd.
Pour terminer, dans une version remasterisée, The Cure nous gratifie sur le troisième cd de la version compléte de 'entreat', rebaptisée 'entreat plus', enregistré live à Wembley en juillet 1989. Irréprochable à tout niveau, ce dernier disque ajoute la pière finale à ce merveilleux édifice qu'est 'disintegration'.

jeudi 20 mai 2010

Foals - This orient (2 x 7") (2010)


Retour de la bande d'Oxford pour leur premier veritable simple extrait de leur second opus 'total life forever'. Si l'ambiance est beaucoup plus festive que pour 'spanish Sahara' (Celui ci avait été pressé dans le cadre du Record Store Day.), un évident constat de maturité s'affiche à l'écoute de ce nouveau morceau. Certes, le rythme n'est plus aussi endiablé que sur les 'Cassius', 'red socks pugie' ou encore 'olympic airways' issus du premier album 'antidotes'. Toutefois, l'intensité y gagne en qualité et 'This orient' se montre plus réfléchi que ses prédecesseurs. La spontaneité du premier disque fait place à une pop équivalente à une entrée dans l'âge adulte. Si certaines vocalises en début et fin de titre peuvent rappeller bizarrement Jónsi (leader de Sigur Rós), Foals signe ici un tube parfaitement calibré où la voix de Yannis Philippakis se pose joliment sous une pluie de guitares étincellantes. Avec ces quatre minutes de perfect pop song, le groupe fait déjà figure de favori pour le titre de révélation de l'année 2010.
A contrario, les remixs groovy de 'this orient' par Starkey et de 'spanish Sahara' par Chad Valley en faces b s'avèrent parfaitement dispensables. J'ose espèrer que ces choix relevant de la facilité ne se renouvelleront pas à chaque single.

dimanche 16 mai 2010

Delphic - Acolyte (cd) (2010)



En 1982, Morrissey écrivait : 'Manchester, so much to answer for'. Depuis les Smiths se sont fait la malle, New Order s'est désagrégé en un freebass lieutenant, et Ian Brown présente un physique aux antipodes de notre bon vieux Mozz mais en parfaite adéquation avec ses ventes de disques. Bref venir de Manchester ne constitue plus une carte de visite des plus excitantes. Delphic, nouvelle sensation mancunienne sort pourtant son premier album 'Acolyte' sur le label très hype, Kitsuné Music. Et c'est peut-être une raison supplémentaire pour se méfier de ce groupe qui risque de très vite de disparaître des petites soirées parisiennes branchées. Essentiellement à cause de l'inconsistance de leur album, car Delphic, machine à danser (machine à lasser?) oscille entre Fischerspooner et un résidu de New Order ayant donné congé à leur bon vieux Hooky. Cependant quand on connait la bouillie cocainée que s'évertue à nous déverser Fischerspooner depuis les excès de leur premier effort, il y a fort à parier que Delphic, au delà d'un talent musical des plus approximatif, s'est trompé de wagon. Jamais le groupe ne réussit à pondre un tube, une bombe pour nous transporter et leur pardonner leur immaturité. Si Delphic rime avec 'Technique', jamais le jeune trio n'atteint l'élégance d'un des tous meilleurs albums de la bande à Barney Sumner, Ce n'est pas faute pourtant d'avoir essayé mais même les titres tels que 'submission' ou 'doubt' semblant empruntés à la galaxie joy division et consorts ('transmission' et 'doubts even here') sonnent faux, comme une bouillie électronique parfaitement inconsistante. Il ne reste pas grand chose, pour ne pas dire rien, pour sauver ce groupe, pas même une jolie pochette.
Si the XX présentent déjà une maturité stupéfiante, Delphic devra sérieusement revoir sa copie si ils rêvent d'accéder un jour au Panthéon mancunien, Pour le moment, ils ont davantage leur place dans les bacs à soldes des disquaires.

samedi 15 mai 2010

Unkle - Where did the night fall (3cd) (Rough Trade Edition) (2010)


Trois ans après 'war stories', le dernier veritable album de Unkle, ('more stories' sorti juste après etant une compilation de titres et de remixs enregistrés à la même époque que l'album, 'end titles....stories for film' étant un concept album présentant diverses chutes de studio utilisées pour des bandes originales de films ainsi que des spots publicitaires, 'end titles...redux' (enfin) délivrant des réinterprétations lyriques de titres du disque précédemment cité), James Lavelle est de retour avec 'where did the night fall'.
Une fois encore, le produit est joliment soigné avec boite argentée, livre en dur présentant photographies et dessins pour le moins obscur, livret avec paroles et crédits des inévitables guests du disque, ainsi qu'une double pochette pour le disque contenant d'un côté l'album et de l'autre les mêmes plages en version instrumentale. On ne lésine donc pas sur les moyens cher Unkle. Et pourtant le disque sans être mauvais n'est jamais très accrocheur. La production est forcément calibrée, mais l'ensemble du disque semble complétement formaté et surtout uniforme. Malgré la présence d'artistes tels que The Black Angels, Autolux, Mark Lanegan ou encore South (groupe signé à l'origine tout comme Unkle sur Mo' Wax), l'album ne décolle vraiment jamais. Pas de tubes en puissance, l'effet de suprise ne semble plus fonctionner et les titres se suivent d'une manière très lisse. Il est vrai qu'à l'époque de 'psyence fiction' (premier album de Unkle) James Lavelle était accompagné de Josh Davis plus connu sous le nom de Dj Shadow. Celui-ci fut remplacé par Richard File sur le second opus 'never never land' (dernier véritable bon album de Unkle à mon sens) ainsi que sur 'war stories'. Mais depuis James Lavelle est bien seul. Car ce n'est pas Pablo Clements, ex Psychonauts, qui réussit à retrouver le côté psychedelique et novateur des débuts de Unkle sur ce nouveau disque.
Les fans y trouveront peut-être leur compte. Toutefois cet essai reste à mon sens très fade.
A noter qu'au delà du titre bonus sur le pressage japonais ou sur le pressage australien de 'where did the night fall', Rough Trade a édité un cd bonus exclusif tiré à 300 copies contenant un mix de 70 minutes intitulé 'where did the night fall surrender sounds def mix'. Cela en valait-il vraiment la peine?

vendredi 14 mai 2010

Coconut Records - Bored to death (7'') (2010)


Coconut Records est un projet musical de l'acteur américain Jason Schwartzman. Fétiche de Wes Anderson, il a déjà sorti deux albums dont l'excellent 'Davy' paru en 2009.
A l'occasion du Record Store Day, Coconut Records a sorti en catimini aux Etats Unis un 7" blanc incluant l'inédit 'bored to death'. Si le goût évident de l'artiste multifacette pour les Beach Boys et les Beatles ressortait très nettement de ses précédents travaux, l'intérêt pour le jazz n'avait pas encore été révélé par celui-ci jusque là. Pourtant c'est bien 1 minute et 46 secondes de jazz cabaret qu'il nous offre sur ce vinyl. Efficace, plaisant, catchy, le titre glisse tout seul. Seule déception, la durée plus que réduite du morceau. Ce titre a été écrit à l'origine pour la B.O. de la série du même nom diffusée par la chaine américaine HBO. Jason Schwartzman y tient d'ailleurs un des rôles pricipaux.
En face b figure une version instrumentale de 'nighttiming', titre présent à l'origine sur l'album du même nom (sorti en 2007).
On se contentera de cela pour le moment, mais il est vrai que le prochain album de Coconut Records est attendu ici avec énormément d'impatience !

jeudi 13 mai 2010

The National - High violet (cd) (2010)


Deux ans après le percutant 'boxer', the National reviennent avec un nouvel album 'high violet', leur premier pour le label 4AD. Une étrange sculpture de l'américain Mark Fox orne la pochette et laisse présager d'un disque compliqué.
Cependant, malgré le divinement saturé 'terrible love' ouvrant cette nouvelle galette, c'est un disque moins brutal, plus posé et surtout plus mature qu'ont écrit les cinq de Cincinnati. 'Sorrow' et sa mélodie aérée fait mouche instantanément. La voix de Matt Berninger grave et remplie de bourbon est en parfaite harmonie avec une instrumentation haut de gamme. 'Anyone's ghost' confirme l'aisance d'écriture méloduese qu'a atteint The National. L'entrée grinçante de 'little faith' laisse vite place à une communion symphonique encore une fois racée. 'Afraid of everyone' séduit par la tension qui gagne progressivement le morceau. Un rif de guitare vient se perdre entre la voix solenelle du chanteur autiste et l'ensemble des autres instruments, avant un final éblouissant d'intensité.
Le single 'bloodbuzz Ohio' reste dans la lignée du predecesseur de ce nouvel opus, avec toutefois une dimension sonore plus étoffée que par le passé. Puis 'Lemonworld', riche et élégant, relance la version 2010 de the National au quart de tour. 'Runaway', ballade tranquille et presque ensoleillée, ajoute une touche de légèreté supplémentaire à cet album. 'Conversation 16', single potentiel subtilement teinté de violet, ravit l'oreille par sa mélodie enchanteresse.
'England' constitue certainement le joyau de cette nouvelle livraison. Par sa grâce il illumine une fin de disque légèrement gâchée par la plage finale 'vanderlyle crybaby geeks' somme toute un peu fade en comparaison des autres pépites de ces 47 minutes.
Une production bien plus riche que sur leurs réalisations antérieures, the National a réussi à quitter le ring sale aux odeurs de souffre pour un club vip chic fleurant bon la violette fraiche et distinguée.