C’est sous une météo très maussade qu’a démarré la septième édition du festival parisien Rock en Seine. En effet à peine arrivés sur scène, les américains de Minus The Bear démarrent leur set sous une averse. Peu inspirés, délivrant un rock somme toute bas de gamme, la manifestation ne démarra pas de la meilleure manière. Heureusement les lillois de Roken Is Dodelijk chassent les précédents nuages musicaux avec une prestation de très bonne tenue. Bien en place, vifs et prometteurs, le rock qu’ils produisent m’enchante véritablement. Un groupe à suivre de près.
Puis se pointe sur la grande scène Kele Okereke. Le leader de Bloc Party (en veilleuse actuellement) en chemisette colorée et short Adidas produit un set aux relents d’un dance machine. Le côté décontracté et amusé de l’anglais fait toutefois mouche. Restant principalement sur les titres de son album solo, celui n’oublie pas les fans de son rock band en distillant un medley electro de ‘blue light/ares/one more chance’ et concluant son set par un ‘flux’ de très bonne tenue.
Le meilleur concert de cette première journée est adjugé à Foals. Le quatuor d’Oxford ne quitte plus la France (ils étaient à la route du Rock il y a deux semaines et reviennent prochainement pour une tournée.). Sous une pluie fine et dérangeante, les anglais livrent une quarantaine de minutes de concert intense. Principalement axés sur leur dernier opus ‘Total life forever’ sans oublier l’hymne ‘Olympic airways’ issu de ‘Antidotes’, la machine tourne à plein régime. Il n’est pas possible d’en dire autant du groupe qui leur succéda. The Kooks ne réussissent plus à m’enivrer avec leur pop adolescente décidément bien ennuyeuse. Fort heureusement, ils jouent encore certains classiques de leur premier album car depuis ils se sont sérieusement empêtrés dans une écriture des plus insipides. Et ce n’est pas le nouveau titre entendu lors de ce premier soir qui semble inverser la tendance. A la différence de ces jeunots, French Cowboy affichent physiquement et musicalement une bien plus grande maturité. Les anciens Little Rabbits, parfaitement rodés sur scène, déversent un rock puissant et plaisant. Les longues mélodies, parfois bouclées, de leurs compositions m’impressionnent véritablement. A mon sens, c’est la très bonne surprise du jour.
A contrario, les pâles Black Rebel Motorcycle Club constituent une prévisible déception. A l’image de leurs derniers albums, les californiens ne sont plus que l’ombre d’eux-même. ‘Love burns’ ne réussit pas à sauver leur pauvre performance et m’incite à quitter le site de Saint Cloup plus tôt que prévu….
La seconde journée démarre sous le soleil et sous le signe de la jeunesse avec Two Door Cinema Club. Les irlandais pratiquent une pop joyeuse et rythmée. Le public est séduit par les pop songs souriantes mais toutefois un peu répétitives de ce trio. L’aventure aussi plaisante soit-elle, durera t’elle pour eux ? Je n’en suis pas convaincu.
Suite au tragique décès du leader de Où est le swimming Pool lors du Pukkelpop festival, les organisateurs de Rock en Seine ont profité de la présence de Martina Topley Bird au sein de Massive Attack pour les remplacer. Celle-ci arrive sur scène dans une robe rouge, masquée d’un loup peint de la même couleur et au contour doré. Dans une formation des plus réduites, elle et son batteur/guitariste ninja nous entraînent dans une ballade musicale gentille et plaisante.
Réduits à un set electro accoustique, suite à un problème de matériel bloqué au Portugal, Jonsi et sa bande sont contraints et assurément frustrés de ne pouvoir fournir le set qu’ils se devaient de nous présenter. Le leader de Sigur-Ros dans son costume tout en guenilles pose sa voix de crystal sur un groupe forcément toute en retenue. L’endroit se prête peu à l’exercice, même si le lutin islandais et sa bande s’en sortent toutefois avec les honneurs.
LCD Soundsystem va enfin lancer la seconde journée du festival. James Murphy et sa troupe se lancent dans un show des plus réussis et fait danser le public comme jamais. Le côté bluffant dans leur show est bien le fait de découvrir que c’est un véritable groupe de scène et non juste de studio comme il serait aisé de l’imaginer. Les tubes déferlent ‘Drunk girls’, ‘Tribulations’, ‘All my friends’…Le show se termine par l’inévitable ‘New York I love you but you’re bringing me down’. On en redemande !
Ce n’est pas vraiment le cas pour Massive Attack. Le set du duo de Bristol nous en met plein la gueule avec un son puissant et un jeu de lumières idéalement calibré pour ce genre de manifestation. Horace Andy et Martina Topley Bird sont les guests de la soirée. Cependant, le côté froid et très pro de ces champions du studio ne fonctionne pas véritablement sur cette scène sombrement bleutée. Le merveilleux ‘Heligoland’ reste plus convivial à écouter chez soi.
Le dernier jour de Rock en Seine démarre on ne peut plus mal avec the Temper Trap. Les australiens me lassent très vite avec un chanteur à la voix insupportable et un rock très superficiel. A oublier de toute urgence !!!
The Black Angels dissipent heureusement ce début raté de festival. Avec un psychédélisme extrême (4 guitares sur certains titres mêlées au drone machine !), les américains m’hypnotisent par leurs mélodies diaboliquement efficaces. Quarante petites minutes où ils nous font découvrir quelques titres de leur prochain opus ‘phosphene dream’, mais où l’inévitable ‘black grease’ issu de ‘Passover’ trouve sa place. Dommage que le concert ait eu lieu en pleine après-midi, l’intensité dans l’obscurité aurait certainement été encore plus décuplée.
Passons sur le blues de Eels dont je n’ai vu qu’un seul titre et que je qualifierai de passablement anecdotique. Beirut vers 18h arrive sur la grande scène du festival. Leur set démarre par un ‘Nantes’ un peu décevant notamment à cause d’une rythmique bien trop sage et en retrait. Zach Condon revisite quelques titres de ses 3 albums avec une certaine chaleur émotionnelle. Toutefois il manque quelque chose pour m’enchanter véritablement. Un peu comme un plat manquant de saveur, les musiciens (très bons au demeurant) déroulent un set sous le signe du minimum syndical. L’endroit n’est pas être pas très adapté pour Beirut et malgré un nouveau titre sans grande surprise, la petite heure de performance laisse comme un goût d’inachevé.
Waves Machines et sa gentille électro ne marquera pas les foules. Quand à Roxy Music, que dire d’un monument qu’on tente de restaurer ? Certes, Bryan Ferry est irréprochable et méga classe, mais ses musiciens, aussi bons soient-ils, font peine à voir. On dirait un groupe de vieux copains qui fait un bœuf au café du coin pour fêter les retrouvailles. Les chansons ont vieilli en plus, certains solos de guitare datent sérieusement, bref cela reste une curiosité.
Enfin pour terminer cette aventure 2010, les canadiens d’Arcade Fire clôturent sur la grande scène le festival de Rock En Seine. Un son très puissant, un groupe calibré pour la scène, la colonie de musiciens impressionnent par son aisance à envouter les festivaliers. ‘Ready to start’ met tout le monde d’accord sur l’importance de cette formation dans le milieu du rock actuel. Malheureusement la prestation de la troupe de Montreal sera avortée par la pluie et le sous-équipement technique mis en place par les organisateurs. Un finish un peu frustrant donc, comme un feu d’artifice un peu gâché par quelques pétards mouillés.
En définitive du bon et du moins bon à Rock en Seine. Les trois noms à retenir de ce festival sont à mon sens : LCD Soundsystem, Arcade Fire et The Black Angels
dimanche 5 septembre 2010
dimanche 13 juin 2010
Teenage Fan Club - Baby Lee (7") (2010)

On avait plus de nouvelles du Teenage Fan Club depuis 5 ans. Leur dernier album 'man made' sorti en 2005 n'avait déjà pas remué les foules, les voici toutefois de retour aux affaires avec un single extrait du nouvel album 'shadows'.
Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'y a rien de vraiment neuf dans le ciel du groupe de Glasgow. L'amour que Norman Blake et Gerard Love portent aux Byrds n'a pas changé. Toujours très pop, sentant bon la fin de l'été, 'Baby Lee' n'en est pas moins un single très fade manquant cruellement de relief.
La face b 'secret heart' lorgne davantage du côté du regretté Elliott Smith, et même si elle s'avère plus réussie que sa rivale de l'autre face, la magie n'opère toujours pas. Un retour donc peu glorieux d'un groupe qui nous faisait rêver il y a quelques années encore. Ici la messe semble dite, et aussi rapidement qu'un amour d'été, on va très vite oublier ces 2 inconsistantes compositions. Le Teenage Fan Club a cette fois pris un bien mauvais train.
mercredi 9 juin 2010
Cléo T. - 08/06/2010 - Paris, le Réservoir
Après une série de concerts donnés en Italie en octobre 2009, Cléo investissait hier soir le Réservoir pour son premier concert parisien. La princesse Clémence, accompagnée de ses quatre croquemitaines (banjo, guitare, contrebasse et batterie), démarrait son set au piano avec ‘I love me not’. Délaissant provisoirement son Korg pour venir s’installer au centre de la scène, la diva magnifiquement entourée lâchait une version de ‘Columbine’ des plus réussies. Les sifflements de ‘whistles in the night’ laisseront place à un son se durcissant et où le rock reprit ses droits. On pense à Jack The Ripper, Calexico, un petit côté Bad Seeds parfois. Le chant de la belle se pose parfaitement dans une orchestration irréprochable.
Le cover inattendu d'Elvis Presley ‘heartbreak hotel’ nous ramène dans une ambiance lynchienne à la couleur rouge sang. Le Réservoir se transforme l’instant de quelques minutes en One Eyed Jacks, le bordel déguisé en casino de Twin Peaks.
L’ambiance lorgne également vers l’univers du ‘Death proof’ de Quentin Tarantino.
L’autoharpe sous le bras, Cléo se lance ensuite dans une jolie version du futur classique ‘me & the ghost’. Le public se ravi de la prestation des cinq parisiens. En fin de set, Nico et Cléo se lancent dans un ‘falling leaf ‘d’anthologie. S’en suivra la berceuse ‘someday my prince will come’ avant un unique rappel, et puis la princesse et ses fantômes disparaîtront par l’endroit où ils sont venus.
Dévoilant au total une douzaine de titres en vue d’un album à sortir en 2011, on ne peut qu’aspirer à retrouver très prochainement ces faiseurs de rêves dans de nouvelles aventures scéniques.
Setlist :
I love me not
Columbine
Whistles in the night
We all
Heartbreak hotel
Me & the ghost
Song to the moon
Little girl lost
The girl in the house at the end of the world
Dead and gone
Falling leaf
Someday my prince will come
-----------------
Wie traurig dieser Abend
Le cover inattendu d'Elvis Presley ‘heartbreak hotel’ nous ramène dans une ambiance lynchienne à la couleur rouge sang. Le Réservoir se transforme l’instant de quelques minutes en One Eyed Jacks, le bordel déguisé en casino de Twin Peaks.
L’ambiance lorgne également vers l’univers du ‘Death proof’ de Quentin Tarantino.
L’autoharpe sous le bras, Cléo se lance ensuite dans une jolie version du futur classique ‘me & the ghost’. Le public se ravi de la prestation des cinq parisiens. En fin de set, Nico et Cléo se lancent dans un ‘falling leaf ‘d’anthologie. S’en suivra la berceuse ‘someday my prince will come’ avant un unique rappel, et puis la princesse et ses fantômes disparaîtront par l’endroit où ils sont venus.
Dévoilant au total une douzaine de titres en vue d’un album à sortir en 2011, on ne peut qu’aspirer à retrouver très prochainement ces faiseurs de rêves dans de nouvelles aventures scéniques.
Setlist :
I love me not
Columbine
Whistles in the night
We all
Heartbreak hotel
Me & the ghost
Song to the moon
Little girl lost
The girl in the house at the end of the world
Dead and gone
Falling leaf
Someday my prince will come
-----------------
Wie traurig dieser Abend
mardi 8 juin 2010
Jonsi - 07/06/2010 - Paris, Bataclan
C’est dans un décor de fin du monde que Jonsi investi hier soir la scène du Bataclan. Une sorte de papier jaunâtre tient lieu de fond d’écran. Le leader de Sigur Ros démarra son set par un titre inédit, ‘All by myself’. Moment de grande intimité où le lutin islandais avec sa guitare acoustique fut simplement accompagné par Alex Somers au xylophone. Un véritable parchemin apparu ensuite sur l’écran et s’enflamma au cours de ‘Hengilas’. Le show de Jonsi fut à la fois visuel et auditif. Par certains moments et cela malgré la chaleur intenable de la salle parisienne, l’envie de fermer les yeux et de se laisser bercer par la magnificence des morceaux joués par les 5 musiciens devenait très intense. Car c’est bien d’intensité qu’il s’agissait dans cette performance. Certes la puissance de Sigur Ros était un peu mise de côté, mais émotionnellement rien n’a été oublié. Jonsi dans ses guenilles mad-maxiennes ensorcelle de sa voix parfois irréelle le public pendant plus d’une heure et vingt minutes. Nous gratifiant de plus d’un inédit joué pour la première fois hier, ‘think of chickswithdigs’, la magie est vraiment à son paroxysme. Seul véritable bémol, le côté un peu sumo du batteur qui a certains moments cognait vraiment très très fort. Affublé d’un véritable costume d’indien lors du rappel, Jonsi cloture son set par 2 titres. ‘Animal arithmetics’ tout d’abord suivi de l’extraordinaire ‘Grow till Jezz’, où le spectre de Sigur Ros fit enfin son apparition le temps d’une apocalypse musicale inoubliable.
Même si les conditions seront différentes, j’attends avec impatience son retour lors du festival de Rock En Seine le 28 août prochain !
Setlist :
All by myself
Hengilas
Icicle sleeves
Kolniour
Tornado
Think of chickswithdigs
Sticks and stones
Saint Naive
Go do
Boy likiloi
Piano song
Around us
-------------------
Animal arithmetics
Grow till Jezz
Même si les conditions seront différentes, j’attends avec impatience son retour lors du festival de Rock En Seine le 28 août prochain !
Setlist :
All by myself
Hengilas
Icicle sleeves
Kolniour
Tornado
Think of chickswithdigs
Sticks and stones
Saint Naive
Go do
Boy likiloi
Piano song
Around us
-------------------
Animal arithmetics
Grow till Jezz
dimanche 6 juin 2010
Lali Puna - 05/06/2010 - Paris, Nouveau Casino
Suite à la triste annulation du Furya Sound Festival qui devait se tenir ce week-end, c'est presque miraculeusement qu'il fut possible de retrouver Lali Puna dans une salle parisienne hier soir. Certes point de Notwist, malgré le fait qu'ils partageaient initialement l'affiche du défunt festival, toutefois le bonheur de retrouver les quatre munichois dans une petite salle de la capitale fut réellement atteint.
Précédés par les français de Saycet qui nous firent découvrir leur électro visualo-boards of canadienne pour une prestation plus qu'honnête, manquant peut-être un peu d'humanité, puisque les trois membres restent blotis derrière leurs machines. Cependant, en terme de première partie, j'ai connu bien pire.
Lali Puna arrive sur scène vers 21h10, démarrant avec l'instrumental 'future tense', avant de lancer les débats avec l'excellent 'safe tomorrow'. Même si Valerie Trebeljahr la chanteuse d'origine sud-coréenne est plutôt statique derrière son Korg, l'énergie émanant de la scène est très intense. Markus Acher, leader de Notwist, plus barbu que jamais, passe régulièrement du Moog à la basse et se remue comme à son habitude sur la scène. Les bidouillages de Christian Heiss et l'excellent jeu de batterie de Christoph Brandner m'enchantent rééllement pendant une petite heure et demie. Principalement accès sur le dernier opus 'our inventions', Lali Puna nous gratifiera, entre autre, d'une version stereolabesque de 'grin and bear', ainsi qu'une replongée dans leur premier effort avec 'everywhere & allover', sans oublier le dubesque 'scary world theory' issu de l'album du même nom.
Un excellent concert des protégés du label Morr Music que j'espère bientôt de retour en France.
Précédés par les français de Saycet qui nous firent découvrir leur électro visualo-boards of canadienne pour une prestation plus qu'honnête, manquant peut-être un peu d'humanité, puisque les trois membres restent blotis derrière leurs machines. Cependant, en terme de première partie, j'ai connu bien pire.
Lali Puna arrive sur scène vers 21h10, démarrant avec l'instrumental 'future tense', avant de lancer les débats avec l'excellent 'safe tomorrow'. Même si Valerie Trebeljahr la chanteuse d'origine sud-coréenne est plutôt statique derrière son Korg, l'énergie émanant de la scène est très intense. Markus Acher, leader de Notwist, plus barbu que jamais, passe régulièrement du Moog à la basse et se remue comme à son habitude sur la scène. Les bidouillages de Christian Heiss et l'excellent jeu de batterie de Christoph Brandner m'enchantent rééllement pendant une petite heure et demie. Principalement accès sur le dernier opus 'our inventions', Lali Puna nous gratifiera, entre autre, d'une version stereolabesque de 'grin and bear', ainsi qu'une replongée dans leur premier effort avec 'everywhere & allover', sans oublier le dubesque 'scary world theory' issu de l'album du même nom.
Un excellent concert des protégés du label Morr Music que j'espère bientôt de retour en France.
vendredi 28 mai 2010
Foals - Total life forever (boxset) (2010)

Après deux premiers extraits, le second opus de Foals apparait enfin dans les bacs des disquaires. Disque très attendu après une excellente prestation au Trabendo, mi avril, et le gigantesque 'spanish Sahara' sorti en 7" exclusivement pour le record store day, 'total life forever' est un disque de grande tenue.
Dès les premières minutes de 'blue blood', la plage d'ouverture, le constat d'une évolution musicale des cinq musiciens d'Oxford est indéniable. Alors certes, le son minimal des guitares est toujours omniprésent, cependant l'orientation de celui-ci est bien moins africanisé. Le prochain single 'Miami' est une excellente illustration de ce son nouvellement acquis. Plus groovy, plus chaloupé également, les chansons semblent trouver leur essence dans une plus grande simplicité que sur le precédent album 'antidotes'. Si 'total life forever' et 'black gold' tendent un peu à enfoncer le disque dans une structure classique et facile, l'album prend une autre dimension à compter de l'inévitable 'spanish Sahara' pour un sans faute jusque la plage finale 'what remains'. Mention spéciale pour l'électronique 'Alabaster' qui sortira certainement en single.
Le cd bonus présente des chutes de studios, de simples fragments de titres de l'album (le cd dure 25 minutes pour 15 titres) et ne s'avère pas du tout indispensable. De même, le dvd présente un reportage de 20 minutes sur l'enregistrement de 'total life forever', et ne trouvera pas davantage de clémence à mes yeux que la sentence prononcée précédemment pour le cd bonus.
Un excellent album dont la version simple s'avère tout à fait suffisante.
vendredi 21 mai 2010
The Cure - Disintegration (Deluxe edition) (2010)

En ces temps de disette consommatrice dans le domaine du disque, Universal Music se décide enfin à sortir 21 ans plus tard le disque le plus abouti de la discographie de The Cure. Pour la première fois de leur carrière, le visage de Robert Smith, noyé sous des néons de fleurs, apparait sur une pochette du groupe. Comme une symbolique, était ce un désir d'afficher au grand jour une trace plus humaine du génie anglais qui jusqu'à présent nous avait uniquement gratifié de son ombre fantomatique sur 'the head on the door' ainsi que de ses lèvres et de la pupille d'un de ses yeux sur 'kiss me kiss me kiss me'.
C'est toutefois le contenu et non le contenant qui importe à mes yeux et davantage encore à mes oreilles. Dès la fin du retentissement des cloches du majestueux 'plainsong', les nappes synthétiques de Roger O' Donnell envoutent et s'affichent comme lors d'une cérémonie d'ouverture. Le monumental morceau puise sa force dans une harmonie d'instruments sur laquelle Robert Smith place sa voix avec solennité. S'ensuit les sept minutes du désormais classique 'pictures of you', second single extrait de l'album, avant le douloureux 'Closedown' et sa batterie martiale. Une fois encore les claviers de O' Donnell génèrent une atmosphère somme toute oppressante. Puis surgit 'lovesong' l'ode luminueuse à la bien aimée de toujours, Mary Poole. Un single rempli d'une intensité et façonné dans ce cri d'amour désiré comme éternel.
'Last dance' replonge dans la noirceur, évoquant par moments l'ambiance exterminatrice de 'pornography'. Cette plainte relative à la touche finale d'une histoire d'amour s'achève dans une danse macabre. 'Lullaby', single arachnéen, constitue un des plus gros succès commercial du groupe. Cette ballade au chant quasi murmuré par le leader à la coiffure en toile d'arraignée a été magnifiquement portée à l'écran dans ce video clip traumatisant pour bon nombre d'enfants. L'explosif 'Fascination street' et ses gémissements lanscinants de guitares électriques constitue le titre le plus percutant de cet album. Il fut préféré en single à 'pictures of you' pour le marché américain.
Si les albums ont souvent tendance à baisser en intensité dans les dernières plages du disque, les cinq derniers titres de ce disque enchanteur en consituent ici certainement son apogée. 'Prayers for rain' et sa tension symptomatique dès ses premières notes enfournent dans une souffrance extrème. Les nappes synthétiques accentuent une fois encore le côté étouffant et sans issue du chant désespéré de Robert Smith. 'The same deep water as you' enfonce un peu plus le clou dans une tragédie digne de 'Roméo et Juliette'. Sous une pluie orageuse et dans un dédale de sonorités accouchées de la guitare de Smith, cette balade sur l'impossible atteinte d'un équilibre harmonieux entre deux êtres sonne le glas dans un adieu irréversible. Le mirage de cet idéal prenant fin dans les mots "in my eyes your smile, the very last thing before I go....". Le cri brutal de 'disintegration' parachève les éprouvantes expériences des deux titres précédents. Sous le martelage d'une batterie écrasante, c'est le corps entier de Robert Smith qui saigne de par l'érosion d'un couple usé de se détruire. Remettant supposément en cause le sacré de l'union "I never said I would stay to the end", l'échec de cette histoire se termine dans un bris de verre, ironiquement presque appaisant. Le drame ne s'arrête pourtant pas là. L'harmonieux 'homesick' et son instrumentation fabuleusement riche à coups de cordes, de pianos, de guitares, basse et batterie, renforcée par les mots et l'inéxorable envie de Smith de tout quitter, dévaste un peu plus ce qui reste de l'auditeur. L'ultime plage de ce chef d'oeuvre achève définitivement l'usure reçue pendant près d'une heure. 'Untitled' et ses sonorités gémissantes dramatisent à jamais un Robert Smith rongé par le mal et le malin. Le fascinant exercice final de guitare smithien débutant au bout de quatre minutes vient se perdre dans les méandres d'une dernière montée de claviers, signant ici enfin la fin d'un disque magnifiquement sombre et intemporel.
Certes, cet album est moins flou que 'seventeen seconds', moins gris que 'faith' et moins sanguinolant que 'pornography', mais la richesse de ce traumatisme évident qui donne le nom à cet disque dépasse les limites de l'entendement.
En bonus, de nombreuses maquettes inédites à ce jour, et pour la plupart instrumentales, enrichissent ce monument déjà si florissant. 'Homesick', 'the same deep water as you' , mais aussi 'plainsong' et 'lullaby' constituent les plages les plus intéressantes à découvrir. Trois titres inédits jusqu'alors ('noheart', 'esten', 'delirious night')et non négligeables font également partie de cette jolie collection de raretés. A noter enfin, la reprise du 'pirate ships' de Judy Collins, uniquement sorti via internet, clôturant le second cd.
Pour terminer, dans une version remasterisée, The Cure nous gratifie sur le troisième cd de la version compléte de 'entreat', rebaptisée 'entreat plus', enregistré live à Wembley en juillet 1989. Irréprochable à tout niveau, ce dernier disque ajoute la pière finale à ce merveilleux édifice qu'est 'disintegration'.
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